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Voyager En Italie

Nous vous proposons de voyager en Italie.

Voyager en Italie

 « Ah, Rome ! Ah, Bérénice ! Ah, prince malheureux ! / Pourquoi suis-je empereur ? Pourquoi suis-je amoureux ? » Titus dans Bérénice de Racine

Antiquité, Chrétienté, culture classique… Depuis le XVIIe siècle, l’Italie est la principale destination des jeunes européens désireux de parfaire leur éducation humaniste. Au départ, le Grand Tour est un long voyage entrepris par les aristocrates britanniques, hollandais ou allemands au terme de leurs études. Ces voyages durent parfois plus d’un an, souvent en compagnie d’un tuteur, chargé par les familles d’éviter les écarts de conduite.

C’est l’occasion pour les fils de négociants ou les futurs diplomates de nouer des amitiés à travers l’Europe, un peu comme les cadets de famille servaient dans un premier temps des régiments étrangers pour accumuler de l’expérience, notamment sous Louis XIV.

Pour les élites, le Grand Tour est considéré comme un moyen d’affirmer son prestige social, tout en se forgeant une culture commune permettant de renforcer la cohésion du groupe. Dès lors, raconter son voyage à l’étranger revient à montrer que l’on a bien assimilé ce que l’on a vu. Après deux ans en France, le philosophe Francis Bacon résumait ainsi la manière d’envisager le Grand Tour en guise de conseils aux futurs voyageurs :

« Langue, préparation, tuteur, guides et cartes, lettres de recommandation, tenir un journal, et leçons à tirer au retour. »

De fait, le voyage en Italie était toujours organisé autour de quelques étapes invariables, appelant des commentaires attendus sur les beautés de la baie de Naples, la splendeur du Vésuve ou l’éclat de la Renaissance à Florence et à Rome.

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 « Je ne demandais qu’à voir de grandes choses », Stendhal

Plus tard, au XVIIIe et au XIXe siècle, le voyage en Italie est surtout l’apanage des écrivains et des amateurs d’art. Goethe est devenu le symbole de ces voyageurs lettrés visitant la péninsule italienne, au travers de son portrait dans la campagne romaine peint par Tischbein en 1787.

En réaction à la Révolution française, le néoclassicisme revisite les modèles de l’Antiquité classique, pour mieux asseoir la légitimité de l’empire napoléonien, avec des artistes comme David. De nombreux chefs d’œuvres italiens sont du reste transférés à Paris par Napoléon.

Dans le même temps, des écrivains français comme Chateaubriand et Stendhal trouvent en Italie de quoi répondre à leurs préoccupations esthétiques.

Après un premier séjour entre 1800 et 1802 comme sous-lieutenant au 6e régiment de dragons près de Milan, Stendhal est hanté par le souvenir d’un amour platonique pour Angela Pietragrua. À l’automne 1811, il se résout à lui rendre visite et à lui déclarer ses sentiments :

« Je ne puis faire un pas dans Milan sans reconnaître quelque chose, et, il y a onze ans, j’aimais ce quelque chose parce qu’il appartenait à la ville qu’elle habitait. »

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« À Rome il y a, indépendamment des Romains, tout un peuple de statues », Goethe

Le voyage sert autant à projeter une représentation de l’Italie éternelle, au travers des ruines de Rome par exemple, qu’à stimuler l’imagination des auteurs. Dans Autour des sept collines, Julien Gracq écrit :

« C’est derrière les murs qui enclosent la rue Sainte-Sabine, et qui doivent cacher des jardins de couvents, autour de Saint-Alexis, que j’aurais cherché les mystères de Rome, qui par nature n’en a pas tant puisque tous ses viscères nobles mis à l’air, elle est la seule ville du monde qui ressemble à une autopsie ».

Dans leurs carnets, Chateaubriand et Stendhal décrivent l’Italie comme patrie des arts et des lettres. Ils reprennent le trajet immuable du nord au sud du pays, à travers Milan, Florence, Rome et Naples.

Par la suite, avec la vague romantique, ce sont les reliefs alpins qui seront une source d’inspiration. Sans compter les nombreux artistes qui viennent se former en Italie grâce à quelque bourse ou séjournent à la Villa Médicis via l’Académie de Rome.

Autant dire qu’écrire le récit d’un voyage en Italie quand de si grands esprits européens ont pu le faire au cours des siècles relève de la gageure. Dominique Fernandez a raison de s’interroger :

« Comment penser par soi-même, devant des œuvres commentées cent fois par les meilleures plumes ? »

A défaut de pouvoir esquisser une réponse satisfaisante à ce stade, qu’il me soit permis de citer Jean Potocki :

« Je termine ici la relation d’un voyage que je n’ai point regardé comme une entreprise dont il dût résulter beaucoup d’instruction, mais plutôt comme une partie de plaisir, une promenade dans une autre partie du monde, un changement de paysage, de ciel et de nature, un projet d’écouter le silence des déserts, les bords agités de la mer, et d’y reporter ma pensée au milieu de ces monuments des anciennes rêveries. »

Ce guide est le récit d’un premier voyage en Italie, entre Naples et Venise, en passant par Rome, Florence et Milan.

Tel Sertorius dans la tragédie de Corneille, je vous souhaite de pouvoir dire à votre tour, au terme de ce voyage : « Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis ».

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