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Voyager En Europe Du Nord

Nous vous proposons de voyager en Europe du Nord.

Voyager en Europe du Nord

 « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c’est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur », Solveig dans Peer Gynt

Peer Gynt du dramaturge norvégien Henrik Ibsen met en scène un jeune homme aventureux en quête de lui-même. Poussé par son ambition, il quitte son village natal et vit en vagabond dans les montagnes norvégiennes en compagnie de trolls et de démons.

On le retrouve vingt ans après comme riche marchand d’esclaves en Afrique. Peer Gynt rêve de retourner triomphalement en Norvège, mais il se fait berner par un partenaire et termine « empereur des fous » dans un asile du Caire.

C’est vieux et ruiné qu’il revient au pays. Il meurt dans les bras de son éternelle promise, Solveig, qui le console.

Voyager en Europe du Nord (3)

Les pays scandinaves sont indissociables des contes et légendes populaires qui ont nourri l’imaginaire de générations d’enfants européens. Ibsen utilise l’art des conteurs pour nourrir l’intrigue de Peer Gynt, personnage déjà présent dans les histoires traditionnelles norvégiennes.

« Mais son cœur ne pense ni à la tempête ni à la pluie, / Il pense au pays natal. », Hans Christian Andersen

Le danois Hans Christian Andersen est de fait resté célèbre grâce à ses contes pour enfants. Or, il a également livré de très intéressants récits de voyage.

Un premier voyage en 1831 l’emmène en Europe centrale alors qu’il a 26 ans. Plus tard il découvre l’Angleterre à l’invitation de Charles Dickens. Il séjourne également au Portugal chez un ami d’enfance. Il explore enfin des régions reculées du Danemark, comme le Skagen, à l’extrême nord du pays.

Le voyage est l’occasion pour Andersen d’exercer sa curiosité en partant de la poésie des petites choses :

« J’entends le roulement de l’océan,
Il est la route qui mène chez moi,
Elle fait le tour du monde.
Son frais parfum est un baiser qu’il me donne,
Un salut venu du Nord. »

Il sent que l’écriture d’un carnet de voyage est une forme d’appropriation :

« Il y a là-bas une fille ! – les jambes blanches et nues,
La taille charmante, élancée comme un brin d’osier,
Elle fait la lessive – mais elle tourne le dos.
Se pourrait-il qu’elle veuille cacher son visage ?
Ah, mais que se passe-t-il ! La baguette magique serait-elle cassée ?
Cette fille me résiste – Soit ! Elle entrera quand même dans le poème.
Telle qu’elle est, je la prendrai.
Qu’elle reste donc le dos tourné.
Parfait : la belle lumière, l’ombre…
Et la fille que, pour toujours, on verra de dos ! »

Andersen ne cache pas son plaisir à découvrir le Portugal, sa végétation et son climat. Mais par contraste et souci des comparaisons, il ne manque jamais une occasion d’évoquer le Danemark.

« Une sorte de bateau omnibus ou, si vous préférez, la diligence de la mer de Norvège. », Georges Simenon

C’est précisément la curiosité pour de nouveaux horizons qui attire Georges Simenon vers l’Europe du Nord en 1930. La Scandinavie est depuis longtemps un terreau fertile pour l’imagination des écrivains français, que l’on pense à Victor Hugo avec Han d’Islande en 1823, Honoré de Balzac avec Séraphita en 1835 ou encore Jules Verne avec Un billet de loterie en 1864.

Voyager en Europe du Nord (4)

Ce qui intéresse Simenon est de conquérir un lieu mythique : le cap Nord, la pointe la plus septentrionale du continent européen, 71° 10’’ 21″ N.

Georges Simenon est même allé jusqu’à Kirkenes, à la frontière de ce qui était encore l’URSS, pour rencontrer des Sâmes. Ce peuple lapon continue aujourd’hui d’attirer bien des voyageurs vers le Nord, tout comme la patrie du Père Noël émerveille les enfants de l’Europe entière.

Or, ce qui attend le voyageur qui se rend pour la première fois en Europe du Nord est d’abord d’être confronté à des lumières inconnues. Simenon évoque la mer de Norvège :

« Brusquement, comme on virait de bord, ce fut une mer d’un vert pâle, des montagnes neigeuses qui ruisselaient de soleil. Apothéose qu’il fallait se hâter de saisir car la lumière dorée fondait et un voile d’un gris de cendre s’étendait sur l’eau comme un rideau »

Le voyage que je vous invite à faire nous emmène autour de la mer Baltique, entre Tallinn, Helsinki, Stockholm et Copenhague. Les lumières y sont tout aussi spectaculaires. Elles changent au fil de la journée, du climat et des saisons.

Simenon, encore lui, a formidablement décrit le spectacle des villes portuaires de la Baltique :

« Il faut avoir vécu la sortie de Hambourg sur un petit bateau. L’Elbe aux eaux glauques, agitées par mille hélices… Les docks qui s’espacent… Le ciel qui crache une humidité sale et glacée… Et les navires de tous tonnages qui se suivent en quatre, en six files, dans les deux sens, paquebots arrivant de l’Amérique du Sud, charbonniers anglais, transports de bois de Finlande, long-courriers australiens…

Une cacophonie de sirènes, de sifflets, de moteurs et de chaînes qui grincent… On se frôle… On se fâche… Les cornes de brumes gémissant sans fin… Des cloches sonnent quelque part et, à bord d’un luxueux navire, le steward court sur le pont en appelant son monde à table à coups de gong. ».

Simenon a souvent prétendu avoir inventé le personnage du commissaire Maigret au cours de son voyage aux confins de l’Europe. Il faut croire que l’Europe du Nord est définitivement propice aux légendes et à l’imagination.

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C’est à un voyage bien réel que je vous convie pourtant. Un voyage en Europe du Nord à la rencontre de capitales européennes en pointe en matière de numérique et de design, souvent vantées pour leur qualité de vie.

Les pays scandinaves sont désormais un passage obligé pour les parlementaires chargés d’un rapport sur l’éducation et les politiques sociales ou pour les cabinets de conseil à la recherche de bonnes pratiques en matière d’innovation. Dans une analyse qui se réduit de plus en plus à faire des comparatifs, il est de bon ton d’invoquer le modèle finlandais, l’exemple du Danemark ou le classement de la Suède pour tel ou tel indicateur.

Il est pourtant évident qu’une partie du futur de l’Europe s’invente à Tallinn, Helsinki, Stockholm et Copenhague.

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